Rhodes trip

tourisme et running à rhodes grèce

tourisme et running à Rhodes, Grèce

C’est une île posée au bout du bout de la mer Egée. Une île toute rikiki, grande comme un confetti. Les paysages y sont variés : collines en pentes douces, montagnes pelées, routes en lacets, vues plongeantes sur la baie, orangeraies, oliveraies, vignobles, forêts odorantes et ombragées, châteaux en ruine, villes fortifiées et villages blancs immaculés. Les biquettes se baladent en toute liberté ; partout je vous dis ! dans les champs de rocaille, comme sur les routes.

Instantanés. Moments insolites et drôles.

Il est six heures trente à Malonas et le pope a déjà appelé par deux fois par haut parleur, pour la célébration de la divine liturgie. Etant assez peu porté sur les bondieuseries, je choisis de partir pour un run en boucle de environ douze kilomètres : Malonas, Masari, Haraki et retour sur Malonas.

courir à Malonas Masari Haraki

courir à Malonas, Masari, Haraki, la cour depuis le roof top

Pour ne pas réveiller toute la maisonnée, je ferme doucement le portail de la cour à l’italienne. A l’italienne ? Oui à l’italienne ! En cela que la pièce principale de cette maison c’est… la cour centrale. Je vous explique : à ma gauche juxtaposés, les coins : buanderie, barbecue et salle de bains. Juste au dessus, le « roof-top » idéal pour prendre l’apéro, au frais et au coucher du soleil. En face, une grande pièce à vivre aux plafonds très hauts, aux murs très épais et au sol couvert de jolis motifs noirs et blancs conçus avec des petits galets. A ma droite, la cuisine et à l’étage, la chambre. Aucune de ces pièces ne communique entre elles par l’intérieur, autrement dit, tout déplacement d’une pièce à une autre suppose de passer par cette courette, agrémentée de touches de verdure et de peinture aux couleurs vives.

Bref, je disais : je ferme doucement le portail pour ne pas le faire grincer ni claquer. Top départ !

Pour sortir du village, je dois me livrer au petit jeu du labyrinthe. Simplement parce que les rues et  les ruelles nombreuses, ne portent pas de nom, et parce qu’elles se ressemblent toutes. Alors, un peu à l’image d’un voleur qui voudrait échapper aux policiers, je cours dans ce dédale, un peu à l’instinct : un coup je tourne à droite puis, le coup d’après je tourne à gauche. Me voici maintenant face à la route de Masari, toute droite, cabossée, étroite. Trop souvent, je sens le souffle des voitures qui me frôlent et, je dois me rabattre sur ce qui tient lieu de bas côté : une bande étroite d’herbes sèches, couvertes de poussière ocre.

Le vent tourne autour de moi. Il me jette même du sable dans les yeux. Bourrasque après bourrasque, il me provoque ; j’en suis certain : il cherche à m’épuiser. Ici, le vent rend fou, le vent détruit tout ! Il retourne les parasols, il déchire les bâches et les drapeaux, il disperse les chaises de jardin, il retourne les nappes, il fait tinter les cordes sur les mâts, il claque portes et volets.  Il effleure, il caresse, il bouscule. Il murmure, il chuchote, il feule, il chante, il siffle, il pleure… Il hurle même ! Le vent est un être vivant !

Kilomètre 3. Je traverse le village de Masari. Je m’amuse beaucoup à recenser la petite dizaine de cafés qui bordent la rue principale : café-bureau de poste, café-taverna, café-pizzeria, café-épicerie, café-kiosque, café-boulangerie….  Les villageois nonchalants y attendent le car pour Lindos, tout en sirotant leur fameux « Nespresso Frappé ». Evidemment, à mon passage, je me sens observé, envisagé, dévisagé par chacun d’entre eux. Je perçois bien leurs regards, moqueurs ou blasés. Je sais pertinemment qu’ils  se font la réflexion que, il n’y a que les touristes d’Europe du Nord pour courir par de telles chaleurs… ; il n’y a que ces mêmes touristes pour déjeuner en terrasse, en plein cagnard, à l’heure de la sieste. . .

La chaleur est déjà très présente. Elle me fait rendre graisse et eau. Elle procède sournoisement à ma dessiccation. Elle me rend aqua dépendant ! Ici, tout renvoie de la chaleur : la terre, l’air, l’eau, le bitume, les façades des maisons. C’en est suffocant, asphyxiant. La chaleur torréfie, grille, calcine, tout ce qui sort de l’ombre. La chaleur cuit à petit feu, façon pot au feu.

le château de feraklos haraki rhodes grèce

le château de Feraklos, Haraki, Rhodes, Grèce

Kilomètre 6. J’atteins les abords de Haraki. Le décor est loin d’être idyllique : la plage est triste, sale, moche. Sur les petits galets noirs et blancs, (ces mêmes galets qui ont probablement servi à confectionner le carrelage de notre maison de location) les vagues ont rejeté tout un tas de déchets : filets de pêche déchirés, morceaux de chaussures, matelas de plage éventrés, plastiques de toutes sortes. A ce spectacle peu réjouissant, s’ajoutent les abris de fortune de quelques familles qui veulent s’offrir des vacances à moindre frais. Par contraste, le cœur du village reste relativement coquet : les terrasses des bars et les balcons fleuris des petites villas donnent directement sur une plage de sable fin, exposée plein Sud. L’ambiance y est paisible, et pour tout dire un peu bourgeoise.

Ici, la lumière pétrifie, tétanise, foudroie. Celle du soleil évidemment, et celle renvoyée et décuplée par la mer. Et le ciel… il est tellement lumineux, aveuglant, que je ne saurais dire s’il est bleu ou blanc comme neige. La lumière rend humble : il ne faut pas la regarder droit dans les yeux ! Elle oblige à baisser la tête, à se vouter un peu et à regarder le bout de ses pompes…

Kilomètre 8. Depuis la colline voisine, le château de Feraklos domine Haraki. C’est à l’évidence ce château qui donne un cachet particulier à la station balnéaire. Il a une histoire riche : prison pour chevaliers ou repère de pirates. Je prends le temps de le détailler alors que j’entreprends l’ascension de son promontoire, par un chemin en lacets parsemé de caillasses et d’éboulis. J’ai appris plus tard que c’est avec les pierres du château que les maisons du village de Malonas ont été reconstruites après le dernier tremblement de terre.

Les marches pour accéder à la porte principale sont faites de gros blocs de roche luisante. Les murs d’enceinte sont hauts à en donner le vertige, et j’ai l’impression que à tout moment, des blocs de pierre ou des pans de mur peuvent me tomber sur la tête. Essoufflé, cramoisi, je parviens au sommet. Je me régale de la vue panoramique sur la baie de Lindos et sur la plage très prisée d’Agathi. Sentiments de bien être et d’euphorie : le château, les panoramas… c’est pour Moi  ! pour Moi tout Seul ! Petite vidéo ici.

biquettes en liberté à Rhodes

biquettes en liberté à Rhodes

Enfin… pas tout à fait : j’entends derrière moi un bruissement d’herbes sèches. Surpris, je me retourne vite fait et je vois là, à cinq mètres de moi, deux biquettes goguenardes et apeurées qui me regardent, qui se regardent et qui me narguent. Elles ont visiblement décidé de se livrer à un petit numéro, rien que pour moi ! 🙂 . Elles commencent d’abord par se cabrer, par tourner en rond puis, elles font mine de foncer sur moi, pour mieux détaler à l’autre bout de la cour du château,  pour faire semblant de mâcher des chardons, comme si de rien…. tout cela, en me surveillant du coin de l’œil. Je me suis rapproché d’elles, doucement et, je leur ai caressé le museau avant de quitter mon château pour Malonas.

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