Running : voir et (surtout) être vu

Courir la nuit, comme en plein jour

Courir la nuit, comme en plein jour

Courir en ville la nuit : une lampe running pourquoi faire ?

 

Côté équipements, outre les chaussures, toujours plus techniques et plus performantes…, on pensait avoir TOUT VU. Une sorte de grand bazar de l’insolite, de l’improbable, du superflu  et de l’ébouriffant : lacets auto bloquants, chaussettes anatomiques et Five Fingers ; chaussettes de contention, de compression ou de récupération ; cuissard anti UV, ventilé, gainant et amincissant ; ceinture porte dossard, porte bidon ou porte fioles avec poche zippée pour les petits objets ; montre gps connectée, T-Shirt perspirant et inspirant, manchons autoreverse, Camelbag réfrigérant à robinet anti-gouttes, lunettes photochromiques et antibuée, gels « sans sucres ajoutés », Gatosport bio, végan et sans gluten…

Qu’est ce qu’on allait bien encore pouvoir nous inventer ?

Voilà t’y pas qu’une nouvelle tendance se fait jour… Enfin… « se fait jour »  … plutôt la nuit, pour le coup …

Mais sii : ouvrez les yeux et regardez bien ! La nuit, en ville, les runners sont de plus en plus nombreux à courir, harnachés d’un dispositif d’éclairage ressemblant peu ou prou à celui d’une bicyclette : une lampe blanche posée sur le torse, une lampe rouge accrochée dans le dos.  

De quoi parle t’on au juste ? D’un tout nouvel accessoire qui, selon les fournisseurs a été dénommé : « lampe poitrine » (Cdiscount), « lampe running » (Décathlon), ou encore : « lampe pectorale » (Intersport). Il est composé de bretelles élastiques et ajustables qu’on enfile autour du corps. Y ont été accrochées les deux lampes de type LED, blanche et rouge. On dispose de plusieurs réglages : éclairage en continu ou clignotant, intensité normale ou économique, recharge des batteries par port micro usb, lampe orientable, cache anti-aveuglement. Certains modèles haut de gamme savent même moduler automatiquement l’intensité lumineuse en fonction de l’environnement. En fait, en ces périodes de fêtes, pour peu qu’on ait un peu d’imagination, et que la dite lampe soit branchée en mode cligno, on pourrait la confondre avec une guirlande de Noël de chez Babou, ou de chez Gifi 😉 Et l’ensemble vous est proposé au prix de combien ? Entre 20 et 140 €uros. 

Alors …? gadget ou innovation ?

Laissez moi deviser sur l’utilité ou sur la futilité de l’objet.

Tout d’abord il faut qu’on m’explique l’intérêt qu’il y a à mettre en marche la fonction « éclairage clignotant » : un coup ça éclaire et je vois, un coup c’est éteint et je vois rien ? C’est une blague ? C’est débile ! C’est clair comme du jus de chaussette… Bon, je passe aussi  sur les risques de survenance de  troubles psychédéliques et psychotiques…

Et puis… autant je veux bien admettre qu’une bonne lampe frontale peut avoir son intérêt pour courir de nuit, en forêt ou sur des chemins agricoles ; autant je me pose la question de la necessité d’éclairer le parcours parfaitement aménagé et macadamé des bords de Loire, en plein centre ville d’Orléans. Les réverbères, les phares des voitures, les vitrines des magasins, les façades des monuments… la nuit, nos villes baignent dans une ambiance très lumineuse, au point qu’on y voit bien clair, clair comme par une nuit de pleine lune, clair comme en plein jour 😉

Courir la nuit, comme en plein jour

Du coup, pour ces mêmes raisons, je ne vois pas non plus l’avantage de cet équipement sur le plan de la sécurité.

Vu sous un autre angle, c’est un fait objectif de dire que la lumière a cette particularité de capter l’attention, de souligner et d’embellir les mouvements, d’amplifier les impressions de vitesse, d’étirer les ombres, de renforcer les contrastes, de sublimer et de magnifier les formes. 

Aussi, il faut bien se rendre à l’évidence que tous ces effets conjugués finissent par transformer le coureur plus ou moins dilettante pour un Homme agile et surpuissant !

J’en arrive à la conviction et à la conclusion suivante : finalement, le coureur qui arbore cet ustensile, (à plus forte raison lorsque celui-ci est réglé  en position « Flash »), ainsi magnifié et déifié, souhaite, de façon plus ou moins consciente, avant tout et surtout, se mettre en valeur, que dis je… se mettre en lumière ; et… flatter son égo…. 

Alors… pour votre wishList au père Noël ?  😉

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J’ai testé le Plogging… et aussi le plocking, à Orléans

C’est nouveau, c’est insolite, c’est fun, c’est exotique, ça plait ! C’est de l’info légère et positive ! Alors, comme on dit aujourd’hui : ça fait du clic, ça fait des vues, ça fait du bon buzz !

Plogging à orléans

Plogging à Orléans

Impossible que vous soyez passé à côté ! Ça a commencé début 2018, et ç’est monté, monté… comme une vague ! Regardez ! tous les grands médias se sont emparés du sujet : Le Mondel’EquipeLe Figaro, Sud Ouest, France Info, et même Gala, Biba, Femme Actuelle, Okapi, le Journal de Mickey,  le Chasseur Français, Notre Temps, Nous Trois, … Il faut dire que le sujet « plogging » est tombé à point nommé : la presse était en panne d’idée, elle ne savait plus quoi raconter…  ; du mariage de Meghan et de Harry, de l’affaire Benalla, du feuilleton haletant de la gestion de l’héritage de Johnny, du cancer de la prostate de Jean Pierre Pernault  (une bien triste nouvelle…) on en  avait largement fait le tour…

Ça s’est aussi répandu sur les réseaux sociaux. Un truc viral je vous dis : pages, communautés, blogs et évènements se sont multipliés. Tiens, un exemple parmi tant d’autres : je suis tombé sur l’ « Opération Plogging » programmée à Chartres par Sport Event 28, inscriptions sur Protiming et rendez vous au magasin Sobhi Sport, le 17 novembre pour le « café briefing ».

Aussi, plus personne désormais ne peut ignorer en quoi consiste cette nouvelle discipline, venue de Suède (ah la Suède…, elle est là, la touche d’exotisme…) et appelée : « plogging ». Le plogging est un mot valise constitué de l’expression « Plocka upp »  qui, nous dit-on dans les médias, se traduit du suédois par : « ramasser » et du mot jogging qui, traduit de l’anglais veut dire… jogging 🙂 . Bon… normalement ça aurait du donner « Plocking », ou « plockaging » ? Non… ? Mais, je me garderais bien de  polémiquer, et de contredire la grande presse…  Alors, passons…

Simple mode ou tendance lourde ? A l’heure du  World Cleanup Day , et plus localement du : « je nettoie ma Loire », on comprend que le plogging, est un exercice physique et ludique, responsable et citoyen, qui se pratique seul ou en groupe, et qui consiste à ramasser les déchets à la faveur d’une sortie en course à pied.

Forcément, en tant que runner amateur, je suis, comme tout un chacun, agacé, écœuré par la présence de détritus sur les bords de nos chemins. Et, comme vous même probablement, je me suis souvent fait la réflexion que ce serait bien si un jour j’osais, si un jour je prenais le temps de les ramasser… Finalement, je ne l’ai jamais fait (honte à moi). Pour quelles raisons ?

  • par flemme ;
  • parce que j’ai pensé que la tâche était tellement immense, que mon geste en serait dérisoire, inutile ;
  • parce que je pars du principe que c’est à celui qui commet une faute de la réparer : c’est à celui qui jette de ramasser, pas à moi !
  • etc…

On trouve toujours de bonnes raisons pour râler, et pour ne pas faire… 😦

Alors, porté par cet engouement populaire, pour ne pas être en reste, et peut être aussi pour me donner bonne conscience ; l’autre jour, j’ai enfilé mon TShirt, vous savez… le vert fluo spécial Trail, et déterminé, j’ai saisi un sac poubelle vert fluo assorti ; un coordonné du plus bel effet, Cristina Cordula en aurait été épatée je vous assure !, et puis je suis sorti.

Je dois vous avouer que j’ai tout d’abord ressenti un sentiment de malaise, voire de honte. Que vont penser mes voisins, les gens que je vais croiser ? Un gars qui court avec une poche poubelle à la main ? Drôle d’idée… un simplet, un original, un gars peu fou ? C’est un comble que de ressentir honte et malaise d’être surpris en train de ramasser des déchets, alors que ces mêmes sentiments devraient habiter ceux qui ne ramassent PAS, ceux qui font semblant de ne pas avoir vu le déchet au bout de leurs pompes ….

Pour commencer, j’ai pris la direction de la pointe de Courpin, classée Réserve Naturelle. Contre toute attente, du pont de l’Europe jusqu’à jonction Loire-Loiret (6 kms environ),  j’ai trouvé des chemins propres. Bon…, j’ai juste ramassé quelques emballages de barres de céréales et de plaques de chocolat, un tube de gel vide et un paquet de mouchoirs, probablement tombé de la poche d’un promeneur. Alors… randonneurs, vttistes et runneurs pollueurs ? Les mêmes qui se revendiquent écolos et amoureux de Dame Nature… ?

Puis, j’ai   traversé les vergers pour rejoindre le carmel de Micy (3 kms de plus). Sur cette portion, ma collecte s’est avérée fructueuse : morceaux de sac plastiques épais et de bidons plus ou moins désagrégés (engrais, pesticides ? ) ; cordes et liens en matière synthétique. Agriculteurs pollueurs ?

J’ai continué ma route le long du Loiret (encore 3  bons kilomètres). J’y ai trouvé des berges proprettes et ma cueillette s’est avérée bien maigre, si maigre, que j’en aurais presque été déçu / frustré.

Enfin, j’ai décidé de rentrer à la maison en passant par la rue de la fontaine (2  kms de plus). Je trouve que cette longue rue, qui fait le lien entre la Loire et le Loiret a quelque chose d’improbable. Elle est en effet positionnée sur les limites exactes des communes d’Olivet, de Saint Pryvé, et d’Orléans. Dans cette rue on est donc un peu à la frontière, à la lisière de partout… et de nulle part.  On y est tout à la fois à la ville et à la campagne : petits quartiers pavillonnaires, corps de ferme délabrés ou joliment restaurés, serres de maraichers, plaines cultivées, terrains en friche, bords de route en terre et larges fossés …

Plogging running loiret orléans métropole

Plogging running Loiret Orléans métropole

Et là… dans cette rue, j’ai fait carton plein ! A profusion : canettes de bière et de sodas cabossées ou rouillées, bouteilles en plastique plus ou moins jauni, emballages de toutes sortes : de sandwichs, de biscuits, de  cigarettes, de bonbons ; gobelets, bouchons, capsules ; mouchoirs, morceaux de vêtement… J’ai ramassé, ramassé, rempli mon sac, … habité par une espèce de frénésie, d’euphorie, d’euphésie, de frénorie ; du même genre que celle qui m’a habité, le jour où étant enfant, mon père m’avait emmené dans un « coin à champignons ».

Ca m’a été facile de visualiser la scène des automobilistes faisant le ménage dans leur véhicule. Pour peu qu’ils se trouvent peu à l’écart des regards et des réverbères, rue de la fontaine par exemple…  : jeter, balancer par la vitre, d’un geste mécanique, banal et presque  naturel,  de façon furtive, anonyme et décomplexée. Le français lambda est un porc !

Finalement, au terme de mon périple j’ai rempli une poche d’une quinzaine de litres. Dans la foulée, j’ai posté un petit compte rendu et une photo de mon exploit sur ma page Facebook, et je dois reconnaitre que j’ai rarement obtenu autant de « Likes » et de « Félicitations » de la part de mes Amis.

Encourageant ! Bon pour le moral ! Fier ! A refaire… de temps en temps ! Je vous emmène  ?

Runner et randonneur… de bonne humeur

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Randonneur et runner

L’un des inconvénients avec la compétition en course à pied, c’est qu’il faut composer avec des périodes creuses ;  périodes qui vont en gros, de début décembre à début mars et de mi juillet à début septembre.

Alors, quoi faire hein pendant la morte saison ? Quoi faire pour ne pas tomber dans  la dépression ?

Et c’est là qu’il m’est venu l’idée (idée géniale convenez en … 😉 ) d’utiliser le support des très nombreuses randonnées, pour les par-courir en « mode running ». Et c’est là et pour ça que j’adresse un grand Merci à tous les bénévoles de la Fédération Française de Randonnée » !

Ce qui fait que dimanche après dimanche, j’ai pris goût au « rando-running ?

Les randos du weekend sont devenues pour moi autant de « rendez-vous en terres inconnues », autant d’opportunités de courir au cœur d’espaces encore préservés, autant d’occasions de courir sur des chemins oubliés… Jugez vous même ! voici quelques exemples de mes récentes sorties, à la fois simples et ludiques :

  • la Loire et ses méandres autour de Sully, de Guilly ou de Saint Aignan le Jaillard ;
  • les bords du canal de la Sauldre à Lamotte Beuvron ;
  • la Sologne des marais et des étangs autour de Saint Viatre,
  • la forêt d’Orléans, profonde et mystérieuse vers Vitry aux Loges ou Neuville aux Bois ;
  • la riante vallée de l’œuf à Pithiviers ;
  • le domaine du Ciran et des grands cerfs à Marcilly et à Ménestreau en Villette ;
  • les vergers et les vignes autour d’Olivet, de Saint Hilaire ou de Mareau aux  Prés ;
  • les lièvres, faisans et sangliers à Brinon sur Sauldre ou à Ligny le Ribault ;
  • les remparts et les ruines du château au cœur du village léché de Yèvre le Châtel ;
  • la balade des Mauves entre Huisseau et Meung…
  • etc..;

J’apprécie aussi beaucoup de pouvoir choisir Mon horaire de départ (c’est au choix : le plus souvent entre 6h30 et 10h) ainsi que Ma distance (sont généralement proposés des parcours de plus ou moins 5-10-15-20-25 voire 30 kms et plus….). Quel confort vraiment, de partir à l’aube pour boucler un 25 kilomètres aux alentours de 10 heures, et de rentrer chez soi tranquille à l’heure du déjeuner.

Enfin, j’ai je l’avoue, un gros défaut : en course à pied, et à plus forte raison dans le cadre d’une compétition, j’ai la fâcheuse tendance à me laisser influencer, porter, aspirer par l’euphorie du départ et à partir comme un fou dès les premiers kilomètres.

Rien de tout cela en rando running ! Prairies, vallons, rivières, forêts, bosquets… : je prends d’avantage le temps de me fondre dans l’environnement. Je cours sans pression aucune : pas de chronomètre, pas de pointage, pas de compétition, pas d’objectif.  J’ai peu à peu appris à écouter mon corps, à courir aux sensations, à courir à un rythme modéré et régulé ; et à pousser plus loin encore mes capacités d’endurance et de résistance.

Au bout du compte, vous l’avez compris, je ne cours plus vraiment ; je ne cours plus comme Avant… Aujourd’hui je trottine, je gambade, je musarde, je flâne, je bucole, et je batifole… au beau milieu des herbes folles 😉 ; et je regarde le randorunning comme une sorte de mélange réussi de promenade du dimanche, de course d’orientation et de trail 100 % nature 🙂