Randonnée Bourges Sancerre : return ticket

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67ème randonnée Bourges Sancerre : 58 kms dans le brouillard

Cette année encore, comme à chaque troisième dimanche de février, j’étais à minuit pile au pied de la cathédrale de Bourges. Affuté et prêt à en découdre pour l’épreuve (au sens propre du terme) consistant à rejoindre Sancerre… , tout au bout de la nuit, au bout du bout de cinquante huit kilomètres de routes et de chemins à tracteurs.

Tout d’abord, quelques mots sur cette édition. Une fois n’est pas coutume, la météo a été relativement clémente, voyez : pas de pluie, pas de vent et des températures qui ont oscillé autour de zéro degrés. Bien sûr, j’ai composé avec des terrains détrempés, avec les flaques et la boue ; sinon, où serait le charme ? 😉 Et pour ce qui concerne les « points de vue imprenables » sur les vignobles et sur le piton de Sancerre ? C’est ballot : un brouillard épais et tenace nous a privés du spectacle !

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Randonnée Bourges Sancerre : le car retour pour Bourges

En marge de cette randonnée, et en complément de mes précédents billets, je veux cette fois-ci vous faire partager mon aventure amusante : celle du retour de Sancerre à Bourges par l’autocar.

J’ai franchi la ligne d’arrivée vers huit heures trente,  content d’avoir su gérer mon énergie sur  une telle distance. Dans le même temps, je suis senti tout vermoulu et fourbu :  muscles durs et  articulations douloureuses. J’ai très vite commencé à ressentir le froid. Et la faim aussi ! « Non… je vous en prie ! Je n’en peux plus des sandwichs au pâté de foie ! plus de pruneaux, d’abricots secs… Marre aussi des carrés de chocolat… ! Je veux, je rêve d’un vrai repas ! ». Et puis, je me suis vu et senti sale ! Tellement sale… de boue, d’humidité, de transpiration : un vrai goret 😉  ! J’aurais tout donné pour prendre une douche… et pour porter des vêtements chauds et secs !

Par instants, et contre mon gré, mes yeux se fermaient, d’avoir scruté à la lueur de ma frontale, le noir de la nuit et le blanc aveuglant du brouillard. J’ai ressenti aussi une furieuse envie de rentrer chez moi, de dormir ….

Alors, autant vous dire que depuis l’intérieur des Caves de la Mignonne, muni de mon billet « Aller Simple pour Bourges » (7€ le ticket),… autant vous dire que je piaffais de prendre le premier car, dont le départ était programmé pour neuf heures.

Le car retour, même avec mes yeux fatigués, impossible de le louper ! Il était là, sur le parking, jaune pétant,  ronronnant (ben oui…  le car ! pas le parking ! pfff…). Comme nos chaussures étaient hourdées d’amas de boue collante, et que le chauffeur ne tenait pas du tout à ce qu’on lui macule son carrosse, un assistant a distribué à chacun d’entre nous deux sacs poubelles et a exigé que nous enveloppions pieds et godillots dans les dits sacs, avant d’être autorisés à prendre place dans son « autocar Pullman ».

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Randonnée Bourge Sancerre : retour en car, ça pionce !

Notre car s’est rempli peu à peu, gentiment… Les portes pneumatiques se sont refermées, et… « attachez vos ceintures, attention au départ ! », à l’heure dite, le car a pris la direction de Bourges.

Nombre d’entre nous se sont alors installés dans une sorte bulle de confort, de décompression et de récupération : dénouer les lacets de ses chaussures, oublier les odeurs de pieds et de transpiration, se caler le mieux possible au fond de son siège, s’envelopper dans la chaleur du bus climatisé, se laisser bercer par le groove de la radio FM, relâcher ses muscles, poser ses yeux dans le vague ou sur les vitres couvertes de buée ; se repasser le film à l’envers, un  road movie à travers les collines, les routes, les hameaux, les bosquets, les chemins,… : comme dans un rêve ! Fermer les yeux…

Notre périple a été agrémenté de moments plutôt cocasses :

  • un arrêt en pleine voie pour permettre à un runner, trépignant de douleur et d’impatience, de satisfaire une envie de pressante ;
  • un autre arrêt pour qu’un autre puisse tapisser le bas côté de la route de son vomi (j’ai observé la scène à travers la vitre, et j’ai clairement identifié un morceau de sandwich au pâté de foie… 😉 ;
  • enfin, nous avons eu à marquer un troisième et dernier stop parce qu’un grand costaud est tombé de son siège pour s’étaler dans l’allée centrale ; sans qu’on sache vraiment s’il s’était endormi, s’il était tombé dans les pommes ou s’il s’était cuité au vin de Sancerre. Le chauffeur, vraisemblablement formé aux premiers gestes de secours…, a finalement renoncé à lui faire un bouche à bouche pour lui administrer des petites claques dans la figure ainsi qu’un sucre en morceau (dans la bouche…) ; avant de reprendre sa place au volant.

A l’approche de Bourges, notre groupe a repris vie : premiers sms, premiers coups de fil aux proches, récupérer son sac à dos ; sortir ses clés de voiture, son billet de train ; étirer ses muscles endoloris et se préparer physiquement à descendre du car.

Arrivé au pied du Mail, le chauffeur a lancé son « Terminus, tout le monde descend ! ». Nous sommes sortis en bon ordre. C’est à ce moment qu’un randonneur, affichant un air pour le moins inquiet, nous a interpelé « Hé les gars…, j’comprends pas… aidez moi ! je n’ai plus la force de me lever …. »

En fait,… il avait, tout bêtement, oublié de déboucler sa ceinture de sécurité 😉

 

 

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Portrait type d’un runner amateur

« Gégé… écoute moi ! Arrête de te vanter !  Arrête de te la raconter ! Tu me fatigues…

Tu te glorifies de n’avoir jamais fait de fractionné, de n’avoir jamais suivi de plans d’entrainement. Vraiment ! T’as pas honte ?

T’es un fainéant ! Combien de fois cela t’est arrivé de te mettre au départ d’une course sans avoir fait d’échauffement ?

Tu es présomptueux, prétentieux, incapable de tenir tes objectifs, même les plus modestes ! Tu me dis que tu veux boucler un semi marathon en moins de deux heures, tu me jures que tu vas le faire et, au moindre prétexte tu t’arrêtes pour souffler…et tu t’inventes des défausses…

Tu es incorrigible : tu pars toujours comme un dingue au départ des courses. C’est le meilleur moyen de te cramer, tu le sais bien ! Et pourtant… tu continues à faire les mêmes erreurs…

Est-ce que tu as un jour vraiment cherché à corriger tes défauts ? Tu tapes trop fort du talon, tu te fatigues inutilement, tu gaspilles ton énergie, et en plus tu vas finir par te blesser. Il faut poooser le pied et bien le faire dérouler ! Combien de fois te l’a t’on dit ? et répété ?

Tu te contredis : tu veux progresser ? gagner en endurance ? en vitesse ? en confort ? Et, au nom de ta sacro sainte Liberté, tu refuses d’entrainer sérieusement dans un club…

Ca fait plus de dix ans que tu cours, et tu as pris combien de kilos déjà ? Regarde toi : tu es limite en surcharge…

Tu n’as jamais voulu t’acheter une deuxième paire de chaussures pour le trail. Soit disant « tout ça c’est du marketing », tu ne veux pas être victime du « running business ». Ah, toi et tes principes…

Tu veux faire un bon chrono et à la veille d’une course, tu fais la fête, tu te couches à pas d’heure … Tant que tu y es, tu veux pas fumer une clope avant le départ ?

Tu es soit disant obsédé par ta moyenne et, …n’importe quoi ! tu décélères à l’approche de la ligne d’arrivée.

Tu me dis que tu n’as pas besoin de porter un Cardio Fréquence Mètre, parce que tu connais bien ton corps, parce que tu cours aux sensations. Combien de fois tu t’es retrouvé dans le rouge, hein ?

Tu le fais exprès ou quoi ? Tu pars sur des sorties longues, sans eau et sans ravito… tout ce qu’il faut pour avoir la fringale !

Comment peux tu t’améliorer si tu te contentes de deux pauvres sorties par semaine ?

C’est qui le touriste qui s’arrête au bout de quelques kilomètres pour pisser contre un buisson ? ou pour renouer son lacet défait ?

Et cette manie de faire la causette au ravito ? C’est pourtant simple : tu attrapes un gobelet et tu files, tu bois à petites gorgées et tu trottines en même temps.

Tu n’es qu’une mauviette : tu trouves tous les prétextes pour ne pas aller courir : il pleut, il fait froid, il fait chaud, il fait nuit, t’es fatigué, t’as trop de boulot, t’as un bobo …

Et tu t’arrêtes ? comme ça… selon ton envie… pour admirer le paysage… Et même, je le crois pas…. tu prends des photos… pour illustrer ton fameux blog… Pfff,  c’est à se demander même si ce qui t’intéresse dans la course à pied ce n’est pas d’écrire sur la course à pied…

Tu veux que je te dise Gégé ? T’es ingérable… En fait, t’es pas un coureur, t’es une sorte d’électron libre… t’es un poète, option contemplatif !

Courir à Orléans : tandem

Fara et moi on est attachés l’un à l’autre. Je lui voue affection, fidélité et respect. Je la protège. On mange, on sort, on court ensemble. Un vrai petit couple  😉

Nous sommes tous les deux inscrits à la course de dix kilomètres organisée à l’occasion de la kermesse de Rébréchien. A vue de nez, nous sommes une centaine de compétiteurs, de tout poil, à patienter derrière la ligne de départ. L’excitation et l’impatience sont  palpables : on bavarde, on se chamaille, on braille. Allez, cela  a assez duré ! Qu’on donne le top ! Qu’on lâche la meute  …  !

Comme d’habitude, je me place devant Fara : je serai son « lièvre » pendant toute la durée de la course.

Pan ! Le coup de pistolet et l’odeur de la poudre me font remonter des souvenirs de parties de chasse en Sologne : l’attente, les détonations, la traque derrière un faisan ou un lièvre, la couleur du sang…

Dès le départ, tel un chien fou, je lâche toute la gomme. Le plaisir est tellement fort de courir à fond et sans retenue. Puis, hectomètre après hectomètre, je m’installe dans un rythme plus lent et plus régulé. De temps à autres, je me retourne pour voir où en est Fara. Je suis rassuré : elle est dans le rythme, son buste est droit, sa foulée est franche et cadencée. Elle fait des petits gestes de la main pour m’encourager et pour me dire : « ne t’inquiète pas ! Go Go ! tout va bien ! »

Un écureuil, un lapin qui se trisse sous  mes yeux, je suis vite distrait… Il faut que je me concentre !… Que je contrôle la position de mon corps : bien en ligne, tendu, souple et aérien à la fois. Nous traversons maintenant un passage fait de flaques et de boue : j’adore ! … tandis que Fara, un rien chochotte, grimace et pratique tant bien que mal la technique du contournement. J’ai le palpitant qui carbure à plus de 200, j’aspire et j’expire l’air à pleines goulées, et pourtant je me sens bien. Je suis Heu-Reux !

Il nous faut maintenant franchir un petit cours d’eau, la Bionne je crois… J’ai trop envie de m’ébrouer et de me rafraichir… Je m’y attendais… Fara me donne l’ordre de prendre la passerelle. Je  m’exécute à regret.

Le ravito est en vue. Comme Fara porte son bidon à la ceinture, elle me fait signe qu’elle veut faire l’impasse pour grappiller quelques secondes. C’est moi qui, la langue pendante, insiste pour marquer un arrêt. Je bois, vite, beaucoup et goulument.

Puis, nous repartons de concert et je continue de donner le tempo.  Quelques minutes plus tard, je me retourne à nouveau et cette fois, je découvre une Fara toute « Chiffon » : les cheveux en bataille, le teint pâle, le corps penché en avant et les foulées un peu saccadées. Heureusement… nous nous approchons de l’arrivée.

L’arche est en vue. La foule, les cris des enfants, les applaudissements, les encouragements, le son saturé des haut parleurs, les aboiements… Plus je m’approche plus je me sens envahi par un sentiment de peur. Instinctivement, je ralentis, je me raidis et je cherche un soutien dans le regard Fara. Elle ressent et comprend mon mal être. Pour me rassurer, elle accélère et se porte à mon niveau. Et c’est ainsi, côte à côte et synchrones, que nous passons la ligne.

Le speakeur court vers Fara et lui tend le micro :

-« Alors… ? Comment s’est passée votre course ?

-« Très bien, le parcours était parfait,… peut être un peu gras à mon goût… J’ai un peu souffert sur la fin, mais Teddy m’a emmenée, tirée. Ma place sur le podium c’est à lui que je la dois ! »

A cet instant, elle se tourne vers moi et, dans un élan de tendresse et de reconnaissance, elle me prend, elle m’enserre dans ses bras, elle me caresse fort la tête et le dos. Je la regarde à travers mes grands yeux mouillés. Je m’enivre du contact de sa peau. Je pose mes joues au creux de ses jolies mains, et je fonds…

Alors que Fara baisse la tête pour qu’on lui passe la médaille autour du cou ; alors  qu’un photographe immortalise l’instant, je me redresse fièrement à ses pieds, je jappe et je remue la queue de contentement 🙂

 

Signé : Teddy, mâle de 3 ans,  race Terre Neuve. :mrgreen:

Ce billet pour vous inciter à participer, ne serait-ce qu’en tant que spectateur, à un canicross. Discipline étonnante et en plein développement !