Voici une liste non exhaustive des odeurs que j’ai pu capter à la faveur de mes footings et virées à vélo dans l’orléanais (et ailleurs). Elles marquent les saisons, la météo du moment, les activités des hommes. Elles participent à mon plaisir de la pratique de la course à pied et constituent un véritable stimulant. A la façon du roman “le Parfum” de Suskind et, depuis le coeur de la “cosmetic valley“, voici : “odeurs, flaveurs et senteurs” :
- irritantes de pesticides dans les champs de pommiers, de poiriers et de vigne d’Olivet, de Saint Pryvé et de Saint Hilaire,
- entêtantes de goudron chaud sur les levées de la loire,
- subtiles de terre ou de sable mouillé,
- musquées des marroniers au printemps,
- suaves et enveloppantes du tilleul et du chêvre-feuilles en été,
- répugnantes de cadavres et de charognes de petits animaux (lapins, oiseaux, poissons,…),
- toniques de mousse, de champignons, des feuilles mortes en automne à Ménestreau en Villette,
- libératrices de la poussière après la pluie,
- lourdes d’eau croupie, de marécage, de vase et d’eaux stagnantes,
- excitantes de paille et de foin,
- revigorantes d’herbe fraichement coupée,
- suffocantes de boues, d’eaux de lessive et de bouches d’égout (station d’épuration de l’ile arrault),
- rassurantes de café et de croissants chauds s’échappant parfois des fenêtres des pavillons, des cafés et des boulangeries,
- aigres de sueur (…celle des autres coureurs, puisqu’on ne sent pas sa propre sueur),
- apéritives de cuisine raffinée le long des bords du loiret, le dimanche midi à Olivet,
- âcres des prunes sauvages qui pourissent gentiment au soleil,
- familières du lisier et du fumier épandu dans les champs,
- piquantes et fraiches de pin et de bruyère, le long des chemins de sologne à Marcilly, à Menestreau, à Ligny le Ribault, à la Ferté Saint Aubin, ou au donjon d’Olivet,
- rustiques de crottin de cheval (près des centres équestres du donjon ou de la charbonnière),
- dérangeantes de gasoil lors de la traversée du pont Joffre ou du pont Georges V ou lors du passage pétaradant d’une mobylette,
- vivifiantes d’embruns, d’algues ou de coquillages le long des plages basques, bretonnes ou normandes,
soufrées des silex le long de la voie de chemin de fer traversant la loire, le long du pont Thinat, acidulées des mûres… chargées d’huile, de graisse et de copeaux de métal près de certaines usines.Ah ! je comprends mieux maintenant pourquoi les manuels d’entrainement prodiguent cette recommandation “on respire par le nez, on souffle par la bouche !” Alors, humez ! courez ! écartez les naseaux et… profitez !
Ps : si vous avez aimé mon odorama
, vous aimerez peut être “ma bande son“ et mon “cinéma” ….
Courir à Orléans, odeurs, flaveurs et senteurs
3 janvier 2010 par courir-a-orleans