Nous sommes en juillet 2007. Pour la première fois de ma vie et par simple curiosité, j’achète la revue “jogging international“. J”y apprends que pour gagner en performance, en vitesse ou en résistance :
- il faut respecter des plans d’entraînement (qui m’apparaissent bien contraignants et complexes…),
- il faut mettre en oeuvre la technique ésotérique du “fractionné…”.
J’y perçois, notamment au travers des publicités, un univers technique insoupçonné :
- chaussures à haute technologie pour les pronateurs, pour les supinateurs, pour les mordus du bitume, pour les adeptes du tout terrain ; chaussures respirantes ; chaussures avec amortisseurs, clignotants, phares de recul et ressorts (bon ! d’accord j’exagère, quoique … )
- montres compatibles windows vista et linux qui font : cardio fréquence mètre, boussole, gps, …(et qui en plus donnent l’heure !!) ,
- potions et onguents divers : pour faire le plein de protéines, pour la réhydradation, pour l’échauffement musculaire, etc …
Enfin, je découvre un monde de cinglés, de fondus, de fanatiques, d’accros de la course, du run, du jogging, de l’extrème, du trail…. qui parcourent la France, et le Globe !! en fonction des plannings des épreuves (et qui semblent utiliser les services d’agences de voyages spécialisées pour les adeptes de la course à pied…Dingue non ?).
Mon attention est aussi attirée par une publicité sur fond de tour Eiffel pour l’épreuve des ”20 kilomètres de Paris” planifiée en octobre 2007. Ca me tente, c’est décidé, je m’inscris sur internet ! J’y apprends que nous serons envrion 20 000 participants.
J-1: je pars la veille en train : pas de train le dimanche matin au départ d’Orléans qui permette d’être au pied de la tour Eiffel pour 9 heures du matin. Je retrouve les belles soeurs, l’été joue les prolongations, nous dinons en terrasse dans une crèperie de Montparnasse. L’ambiance est électrique : un match de foot de plus haute importance se déroule ce soir là, les écrans de télé sont allumés, son à fond ; dans les rues les supporters se crispent devant les écrans, verre à la main et font silence aux moments stratégiques. Je crois me souvenir que la France a perdu, mais contre qui ? mystère ….
D Day, ambiance village départ : tout m’impressionne : ça grouille de joggeurs et d’accompagnants, des équipes entières aux couleurs d’un club ou d’une entreprise. On nous distribue une pleine pochette de documents et de revues. Des pissotières, la Croix Rouge, l’armée (organisatrice de l’épreuve) dans tous les coins. Je récupère mon dossard, et ma puce électronique : encore une découverte !!
Il fait très beau mais ça caille, beaucoup de mes compétiteurs (concurrents, ennemis ? ) sont emmaillottés dans des poches poubelles : première fois que je vois ça ! Pas bête parce que moi je frissonne ! Pour remédier à cela, je procède à quelques échauffements et étirements : ouf ! ça va mieux ! Le départ s’effectue sur le pont face à la tour Eiffel. Nous sommes tassés comme des sardines, l’excitation, l’impatience et l’effervescence sont à leur comble. Partout autour de moi on regarde sa montre, autre rite : se débarasser avant le départ de des poches poubelles et des vieux tee shirt enfilés pour se protéger de la fraîcheur .
Feu ! Au départ, ça bouchonne un peu, on fait presque la queue pour négocier les premiers virages en côte. Je cours, je m’empêtre dans les poches poubelles ou dans les tee shirts crasseux qui jonchent le sol. Puis, ça s’accélère, ça court même très vite ! La meute dévale les rues, slalome entre les terrasses des cafés, les parcmètres, les voitures en stationnement, les passants héberlués et parfois un peu bousculés.
Nous voilà partis vers les grandes avenues bordées d’arbres, de pavillons cossus, de pelouses bien entretenues. Je pense que nous sommes environ une centaine à marquer un stop pipi à cet endroit, au pied des massifs fraîchement taillés, la scène est plutôt cocasse ! Pendant ce temps, la meute continue de galoper. Nous voilà dans le bois de boulogne, je décide de courir sur le trottoir plutôt que sur la route : moins de monde et puis c’est de la terre et pas du bitume, ça tape moins ! Une balade en forêt, pas mal de virages, sympa !
Ravitaillement : comment on fait pour boire dans un gobelet en plastique mou on pour boire à la bouteille tout en continuant à courir, sans s’étouffer ?
Nous rejoignons les bords de seine, un moment magique : courir en plein Paris !. Je photographie mentalement la seine, les péniches, les bateaux mouches, les orchestres, les supporters sur les ponts passerelles et tottoirs qui nous portent litérallement avec force encouragements, le musée d’orsay, l’hotel de ville (au niveau duquel je m’autorise une petit stop de 5 minutes) . Nous franchissons un le Pont et c’est (déja ?) le retour vers la tour Eiffel. A 1 kilomètre de l’arrivée, un panneau nous invite à ralentir : on veut apparament éviter les infarctus, et autres malaises.
Arrivée : Je passe la ligne au terme de 1h35, sous les flashs des photographes aux zooms exorbités, tout ça pour moi ? Fallait pas ! Jje suis loin, d’être ridicule avec ma 7 500ème position sur 20 000 coureurs. Je suis plûtot content, j’ai même pas mal !
Remise des prix : un casse croute, une Médaille, en Or ? !! Le soir, de retour au bercail, sur le net, je ne suis pas peu fier d’imprimer mon diplôme nominatif ainsi qu’une photo de moi en plein exploit…
Ok ! c’est décidé ! Je m’inscrirai à un semi marathon, celui de Paris est en mars 2008 !! A suivre…